L'Insee dresse le portrait de la France face à la crise
L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie, vendredi 13 novembre, une première estimation des chiffres de la croissance française au troisième trimestre. Elle devrait confirmer que la page de la récession est tournée et que la reprise est au rendez-vous, avec une progression attendue du PIB d'au moins 0,3 %.
En octobre, l'Insee prévoyait une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 0,5 % au troisième trimestre, après la bonne surprise du trimestre précédent (+ 0,3 %), qui avait permis de mettre un terme à une année de reflux de l'activité. La ministre de l'économie, Christine Lagarde, répète depuis plusieurs semaines que la croissance française devrait être "au moins aussi bonne" au troisième trimestre qu'au deuxième. Production industrielle, commerce extérieur et consommation des ménages : toutes les composantes de la croissance envoient des signaux positifs sur cette période. Pour le quatrième trimestre, la Banque de France a publié lundi un premier pronostic d'une hausse de 0,5 % du PIB. Malgré tous ces signes encourageants, le gouvernement prévoit tout de même une chute du PIB de 2,25 % sur l'ensemble de l'année, en raison de la forte récession de la fin 2008 et du début 2009.
Le premier ministre, François Fillon, pense qu'en 2010 la croissance pourrait atteindre 1,5 %, "l'une des meilleures performances" européennes. Un enthousiasme relativisé par Bercy, qui tient pour l'instant à l'hypothèse de croissance "prudente" de + 0,75 % inscrite dans le projet de budget pour l'an prochain, actuellement en débat au Parlement. A l'instar de M. Fillon, le Fonds monétaire international (FMI) a lui aussi relevé, le 1er octobre, sa prévision de croissance pour le PIB français à + 0,9 % en 2010, tandis que la Commission européenne table désormais sur une croissance de 1,2 %, comme celle de l'Allemagne, son principal partenaire commercial.
PRÈS DE 400 000 EMPLOIS DÉTRUITS DEPUIS 2008
Reste à savoir si la reprise sera durable et suffisante, notamment pour endiguer le chômage. La France a subi, en 2008, de premières conséquences sociales de la crise, notamment une forte hausse du chômage et un ralentissement de celle des salaires, mais l'ensemble des effets de cette crise se verra dans la durée, note l'Insee dans l'édition 2009 de son "Portrait social".
Après plus de cent mille pertes d'emplois en 2008 dans les secteurs marchands, les plus sensibles à la conjoncture, le recul du marché du travail s'est amplifié au premier semestre 2009, avec plus de deux cent soixante-dix mille pertes d'emplois, et "les perspectives à court terme sont médiocres". Quant au taux de chômage, il est passé de 7,1 % au premier trimestre 2008 à 9,1 % au deuxième trimestre 2009 en métropole, après deux ans de baisse régulière en 2006 et 2007. "Le nombre de chômeurs augmente donc de presque 30 % en un an et demi", souligne l'Institut national de la statistique et des études économiques. Le chômage partiel a été plus que décuplé en un an environ, pour atteindre trois cent vingt mille personnes au deuxième trimestre 2009, "niveau équivalent" à 1993.
Les secrets bancaires mis à nu
Alors que les grandes banques françaises publient ces jours-ci leurs résultats trimestriels – la Société Générale a annoncé hier avoir dégagé un bénéfice net plus que doublé (+132 %) – l'association Les Amis de la Terre a mis en ligne le site Internet "Secrets bancaires". Lancé en partenariat avec cinq autres ONG membres du réseau international BankTrack, le site dévoile les investissements controversés de treize grandes banques européennes parmi lesquelles figurent BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole. Des banques qui, malgré la crise financière, continuent d'octroyer des prêts et d'émettre des obligations pour des compagnies douteuses, dans l'opacité la plus totale. Un exemple, donné par le site : la Société générale et EADS, deuxième producteur d'armes en Europe. "Secrets bancaires" présente une carte du monde de ces investissements nocifs, les profils des banques et leurs liens financiers avec les entreprises. Le site invite également le public à envoyer un courrier électronique aux PDG des établissements cités pour leur demander de changer leurs pratiques. Enfin, l'internaute est encouragé à opter pour une banque éthique, telle que la NEF en France, dont les Amis de la Terre sont partenaires depuis 2008.
C'est la somme que les investisseurs grugés par l'escroquerie massive de Bernard Madoff ont perdue, a indiqué mercredi le liquidateur Irving Picard. Ce chiffre est plus élevé qu'un chiffre précédent qui faisait état de 13 mds investis, et représente les montants qui ont effectivement été confiés à la société d'investissement de Bernard Madoff pendant près de trois décennies, a-t-il précisé. Madoff, qui a été condamné fin juin à 150 ans de prison, avait évoqué devant le tribunal la somme de 65 mds de $, une somme qui incluait les intérêts élevés que l'argent était censé rapporter. Il avait admis pendant le procès n'avoir jamais investi un centime des sommes qui lui avaient été confiées.