DE LA PROPAGANDE MODERNE…
Autre article a lire::http://www.blogdemagog.com/site/articles/antiprop/propagande.htm
…ou comment les médias de masse se foutent de nous.
D’UN CERTAIN DÉVOIEMENT DES MEDIAS
Chacun le constate chaque jour, le traitement de l’actualité par les médias se dirige vers une partialité dommageable. La presse et la télévision nous invitent à penser comme ils l’entendent (souvent mal ?). Loin de moi tout penchant paranoïaque, ou toute volonté de condamner en bloc « les médias », si ce n’est par facilité de langage. Il s’agit bien au contraire de dénoncer ici une certaine tendance des médias à glisser vers des travers qui les éloignent de leur rôle d’information, d’analyse et de contre-pouvoir.
Dans La Fabrication du consentement (1988), Edward Herman et Noam Chomsky établissent un recensement des critères qui fondent selon eux le « modèle de propagande » en vogue aux États-Unis par le biais notamment des mass media. Parmi ces critères, on trouve notamment :
1- Le recours à des statistiques ou des sondages biaisés.
2- La falsification de l'image.
3- L’auto-censure des rédactions (quand il ne s’agit pas de censure directe).
4- Les campagnes de diabolisations.
Cela ne vous évoque-t-il rien ? Quelques exemples pour vous éclaircir la vue si tel n’était pas le cas :
1- Recours à des statistiques ou sondages biaisés :
L’affaire des sondages commandés par l’Elysée, les nombreux sondages aux questions biaisées (relisez ceux qui ont eu lieu pendant la campagne présidentielle de 2007 notamment), les sondages sans aucun sens (pourquoi par exemple proposer DSK dans un sondage sur 2012 alors même qu’il a affirmé vouloir faire son mandat au FMI en entier, et que ce mandat se termine justement en 2012, APRÈS la présidentielle ? pourquoi monter en épingle la popularité de DSK alors même que tous savent très bien qu’il est surtout soutenu par les sympathisants de droite ?)… Tout ça ne vous dit rien ?
2- Falsification de l’image :
Les bourrelets de Sarkozy qui disparaissent, la bague de Dati qui s’évapore, le garde du corps qui accompagne Sarkozy et le Pape dont il ne reste plus qu’une jambe, Sarkozy qui fait la même taille que Bush sur une photo, alors que l’ex-président américain mesure plus de 1m80,… Tout ça ne vous dit rien ?
3- Auto-censure des rédactions :
Encore une fois, la bague de Dati qui disparaît de la une du Figaro, sans même l’intervention de l’intéressée, la presse et les médias français qui ne parlent pas de la mise en scène des visites de Sarkozy dans les usines (avec notamment le coup de l’estrade sur laquelle ne devaient se tenir que des gens plus petits que lui : il a fallu attendre que la TV belge en parle pour que les français soient au courant)… Tout ça ne vous dit rien ?
L’identité française c’est d’abord l’identité de la France, son image, sa notoriété, les valeurs qui s’y rattachent, les droits et les devoirs de ceux qui y résident, leur comportement citoyen, la culture, les symboles, les mythes, les modèles de représentation qui fondent son unité et ses relations avec l’Europe et le Monde. C’est aussi le respect des principes fondamentaux de la démocratie, des droits de l’homme et de la laïcité. Principes qui s’appliquent à toutes et à tous sans discrimination.
Il est plus que jamais nécessaire de réinterpréter ces mots, dans leur plus ample acception, sous l’angle juridique, sociologique, psychologique, philosophique, etc. Il ne faut plus nous contenter de fragmenter notre pensée et d’en réduire la portée. Nous différons depuis trop longtemps les véritables mutations, pensant que les automatismes y pourvoiront pour nous.
En dépit des ajustements sporadiques, le décalage entre les intentions et l’évolution du Monde, reste encore considérable, Il faut donc donner de nouveaux coups de projecteur sur ce questionnement, qu’il est essentiel de développer selon notre propre échelle de valeurs, notre propre projet de société.
A mots couverts
| Composantes de l’identité |
Se réclamer des valeurs, de la culture, des codes sociétaux qui régissent le mode de vie d’un pays. Connaître les droits et les devoirs des juridictions qui garantissent l’application des principes démocratiques. A une incidence sur l’identité personnelle, sociale, culturelle qui unit les citoyens d’un même pays.
Cette transmission passe notamment par cinq pôles :
Ils sculptent notre identité personnelle, sociale, culturelle. Cette dernière regroupe tout ce qui est commun avec les autres membres du groupe, telles les règles, les normes et les valeurs que chacun partage avec l’environnement au sein duquel il évolue.
I / Le contexte familial et social
C'est le premier à nous marquer affectivement et mentalement. Les informations, les imprégnations que nous recevons de la vie familiale conditionnent de façon durable et prégnante nos schémas mentaux, émotionnels. Elles contribuent à former nos goûts, notre sensibilité, à construire notre personnalité, notre identité personnelle.
A ce niveau il existe donc une disparité initiale entre les milieux familiaux pour qui cette dimension de la vie revêt une plus ou moins grande importance. C'est à ce stade que se forme le désir de culture et les élans de la passion qui s'y rattachent.
La transmission familiale d'un tel héritage n'est pas heureusement limitée à la famille stricto sensu, mais s'élargit aux cercles des relations qui gravitent autour de cet axe, allant aussi jusqu'aux animateurs socioculturels et aux enseignants.
Le bulletin du département des études et de la prospective de février 2004, du Ministère de la culture et de la communication, révèle que plus de la moitié des passions culturelles sont transmises par les parents.
C'est dans les domaines de la lecture (65 %) et de la musique (57 %) que l'influence des parents s'exerce avec le plus de force. Les arts plastiques, les spectacles vivants (la danse, le théâtre) les loisirs scientifiques et techniques, l'apprentissage des langues le sont dans une moindre mesure.
En résumé, les parents et les frères et sœurs, sont les principaux acteurs de cette transmission. Viennent ensuite à des degrés divers les passeurs, les grands-parents, les voisins, les amis, et les enseignants (8 %)
De cette imprégnation familiale découle aussi la fréquentation des équipements culturels et l'exercice des pratiques artistiques. On peut ainsi dégager trois séries de facteurs fortement corrélés : les premiers sont liés aux conditions générales de socialisation, à l'apprentissage précoce, au mimétisme familial. Le tout dépendant des valeurs affirmées, de la façon dont elles sont exprimées.
Ces considérations renvoient au style de vie de la famille, à sa manière ouverte et critique d'aborder les questions de société et d'en débattre en commun. Ceci crée une disposition d'esprit réceptive à la complexité de la pensée, des choix de vie, à la globalisation des interactions dans le monde.
A noter que le rôle des femmes est dans ce contexte supérieur à celui des hommes. Elles sont deux fois plus nombreuses à assurer cette transmission.
Pour réduire les disparités entre les univers familiaux, il existe, à l'Université de Paris X- Nanterre des équipes de recherche sur le fonctionnement des entités familiales et dans la mesure où il y a dysfonctionnement, comment suppléer aux carences de la famille.
Ces équipes analysent les dispositifs de soutien parental, d'aide éducative, voire de suppléance familiale. Elles se préoccupent de la formation des professionnels sociaux et médico-sociaux. Diverses compétences sont agrégées aux sciences de l'éducation, avec la sociologie, la psychosociologie, la psychologie du développement, l'anthropologie, la santé publique, la philosophie, etc.
Il n’en demeure pas moins que l’on peut penser avec Malraux que la culture n’est pas qu’un héritage, elle se conquiert.
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♫ Je voudrais exhorter les responsables à faire l’indispensable effort de vocabulaire qui permet de construire une nouvelle pensée. Que seraient devenus nos ancêtres des cavernes s’ils s’étaient définitivement contentés de grognements. Dominique Génelot
♫ Pour un nouveau mot qui entre dans le dictionnaire comme le verbe kiffer, c’est douze verbes qui sont condamnés à ne plus être dits par les adolescents. La langue est un code, avec ses lois , sa grammaire et qui les ignore ou les malmène menace son lien avec autrui. Le barbarisme mène à la barbarie, tel est le credo, le cri d’alarme de Cécile Ladjali agrégée de lettres modernes dans un lycée de Seine-St-Denis. Extrait de son livre Mauvaise langue au Seuil.
Il faut faire circuler une pensée régénérée, revitalisée, réinventée dans nos esprits. C'est le tremplin de toute réforme effective. Edgar Morin lors de journées thématiques intitulées - Relier les connaissances - Le défi du XXIe siècle, nous y invite pour trouver de nouvelles voies d'exploration aussi bien dans les modes de pensée, que dans les méthodes de travail et les actions qui en découlent, articulées dans l'esprit des propositions suivantes :
à Commentaires de ces quelques points
La nouvelle condition humaine, tirer les leçons des sciences humaines qui aident à discerner les choix qui président à notre devenir individuel, social, économique, imaginaire, symbolique, mythique.
La culture humaniste, la littérature, le théâtre, le cinéma, etc. nous donnent à voir les individus dans leur singularité, leur subjectivité, leur inscription sociale, l'empreinte de l'histoire, des passions, des amours, des haines, des jalousies. Ils nous incitent à prendre conscience des réalités humaines, de leur complexité. La musique, l'opéra, la danse ne sont pas en reste pour élargir nos gammes de perceptions, pour changer rapidement de niveau d'état mental.
La finalité de l'enseignement est d'amener les élèves à se reconnaître dans leur humanité et à se situer dans la société et dans le monde, pour en assumer toutes les implications.
Apprendre à vivre nécessite une confrontation aux aléas de l'existence, à travers une approche transdisciplinaire. L'histoire du cosmos, de la terre, de la vie, de l'humanité, permettent de confronter ces informations pour y trouver des similitudes des analogies. C'est de cet exercice d'association d'idées que la pensée s'élabore selon les propensions de chacun, plus orientée vers un jugement d'existence que vers un jugement de valeurs
La poésie et la philosophie éclairent les nombreuses manières de styliser notre vie dans un texte, de passer au crible les questions suscitées par l'énigme de notre existence, de notre situation dans l'univers.
Se penser en qualité de citoyen appartenant à une culture partagée tant au niveau national, qu'européen et mondial. Comment appréhender la civilisation qui se dessine actuellement en réponse à l'actualité et aux perspectives d'avenir. Est-elle au diapason des impératifs des mentalités de notre temps ? Rappeler de façon actualisée les principes fondateurs de la laïcité dans toute démocratie.
Enfin, relier les connaissances, ce qui consiste à globaliser les connaissances dans un contexte déterminé et à les articuler entre elles. Cette démarche ne peut être envisagée sans de nouveaux modes de réflexion, de nouvelles méthodes de travail, un état d'esprit tourné vers l'échange, une volonté de dépasser les cloisonnements de la pensée et des organisations, pour rendre à la société une plasticité dont elle a besoin pour libérer notre potentiel créatif et notre capacité à penser la complexité des situations que nous vivons. Sans brandir le mot crise, à chaque fois que nous sommes dépassés par une situation, en guise de joker d’incompétence.
Il faut sans réticence entrer dans le XXIe siècle en congédiant les schémas de pensées inspirés de modèles périmés, ce qui n’est pas une péremption due à l’ancienneté, car par exemple Shakespeare est plus que jamais d’actualité. Il faut enfin sortir de l'accumulation des savoirs académiques, changer le rythme des programmes dictés par les dogmes d'une institution autocentrée.
Il est aussi nécessaire de sortir de ces spirales où règne la loi de la convergence et de la sélection à outrance, pour renouer avec les plaisirs de la connaissance, de l'enrichissement spirituel personnel et partagé. Edgar Morin, Michel Serres, Boris Cyrulnik et bien d'autres ont proposé à tout le milieu scolaire et universitaire de s'orienter vers l'idée d'apprendre à apprendre, d'épanouir sa personnalité pour mieux trouver sa propre voie dans un monde en constante évolution. Qu'en est-il aujourd'hui ? Cette mise en perspective n'est toujours pas à l'ordre du jour. Mais soyons optimistes, la vie finit toujours par triompher.
Voici pour compléter ce développement, le résumé d'une conférence de Boris Cyrulnik aux Universités d'été de Nantes :
On nous fait croire que l'école est le lieu de transmission des connaissances, alors que c'est plutôt l'espace où l'on tisse des liens d’attachement, où l'on acquiert un sentiment d'appartenance par les gestes, les postures de l'éloquence, les mêmes représentations que l'on partage avec d'autres.
Ce rôle structurant construit l'estime de soi, en relais avec l'attachement serein et le style affectif vécu depuis l'enfance. Ce qui détermine le plaisir de l'enfant à apprendre son monde.
Il y a donc corrélation étroite entre la structure affective parentale et l'attention qui est portée à l'enfant durant sa scolarité. C'est de ces attachements sécures que dépend la réussite de l'enfant.
Toutefois, si les conditions idéales ne sont pas remplies au départ, la plasticité du cerveau et de l'intelligence permet néanmoins de rattraper ce handicap ultérieurement .Ce qui est plutôt réconfortant.
Terminons par cette remarque faite sur le peu d'attention porté en France aux rythmes scolaires, toujours calqués sur les séquences du monde adulte du XIXe siècle, alors que l'UNESCO a démontré les effets néfastes de cette attitude décalée. Quand serons-nous davantage à l'écoute du monde en mouvement ?
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♫ La culture et l'art aident une personnalité à se construire, pour s'épanouir dans une dynamique collective.
III / Les aménagements socioculturels
Les Maisons de la culture ont été les fleurons de la politique culturelle des années 1960. Après de nombreuses mues et extensions, elles ont trouvé une vitesse de croisière autour de trois pôles d'orientation plus conformes à l'objet auquel elles étaient destinées.
Aller vers le public, le conquérir, l'initier aux divers modes d'expression artistique.
Indépendance par rapport aux pressions des pouvoirs politiques, esthétiques. Indépendance aussi du public à choisir son éventail de spectacles, d'événements artistiques.
Diversité des genres, des styles, croisement des formes d'expression : des musiques aux arts plastiques, au théâtre, à l'opéra, à la danse sous tous ses aspects, aux disciplines du cirque, etc.)
Certes, ce maillage évolue constamment pour tous. Pour sortir du vivier hexagonal, j’extrais quelques messages mettant en valeur la politique culturelle de la ville de Montréal. Son slogan : Montréal, ville de culture ville d'avenir. La culture est déjà au cœur de l'identité, de l'histoire, de la cohésion sociale, elle est un moteur essentiel de son développement, de son dynamisme économique et de sa prospérité future.
La puissance créatrice, la diversité, l'ouverture, l'effervescence animent la vitalité culturelle. Toutes les composantes du secteur créatif musique, danse, spectacles, événements artistiques, etc. se conjuguent avec les universités, les instituts de recherche, les nouvelles technologies, la communication.
Cette métropole culturelle mêle avec la même conviction l'aménagement du territoire, la qualité de l'architecture, la signalisation, l'affichage, l'éclairage, la charte d'identité visuelle, les loisirs et le sport, l'environnement durable, les valeurs sociales, avec à la clé une charte montréalaise des droits et des responsabilités. Ce n'est pas un inventaire à la Prévert, mais une capacité à mettre en perspective la complexité de son avenir.
Ils ajoutent que les arts et la culture sont d'abord une valeur en soi, une identité, un besoin vital. Ils possèdent une valeur de dialogue interculturel, d'émancipation sociale, de recherche et d'innovation artistique, ainsi que de contribution à l'économie. Dimensions marquantes dans l'évolution récente du pays.
Nos cousins d'Amérique soulignent que la convivialité est imaginable dans une collectivité fondée non pas sur la seule tolérance, mais sur l'ouverture et sur la confiance. J'ajoute que ce n'est pas qu'une pétition de principe, mais qu'elle doit se vérifier au quotidien dans l'action. Rêvons de ce pragmatisme patiné d’utopie.
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♫ Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde - Gandhi
IV/ Le monde du travail
La vie culturelle sur les lieux de travail est loin d'être acceptée par tous. Elle est toutefois intégrée dans les grandes unités de la Fonction publique, des entreprises. C'est un élément vital de leur dynamisme. La vie associative en est souvent le vecteur majoritaire.
Ni étatique, ni commerciale, la voie culturelle associative se caractérise par une identité, une finalité, des structures, des institutions, des moyens, des événements et des zones d'intervention spécifiques.
Il s'agit d'un vaste champ d'expression et d'expériences qui incite plus à créer qu'à reproduire, dans le meilleur des cas naturellement. Il permet de placer en interaction épanouissement personnel et transformations sociales, en créant des passerelles et des transferts entre itinéraire culturel et parcours professionnel.
C'est à la fois une force de propositions, de réalisations, de régénération, de dynamisation du monde du travail et une source de socialisation à travers les nombreux événements ainsi créés (ateliers, expositions, concerts, rencontres poésie et théâtre, etc.)
Il est question aussi de répondre à un désir de concevoir, de réaliser avec le sens du jeu, de tisser une relation de complicité sur laquelle repose les actions de groupe. Ces pratiques permettent donc à chacun de s'épanouir, de se retrouver, d'échanger à partir d'un faisceau de passions partagées.
De nombreux espaces de communication, de création, de publication, de diffusion, de présentation, sont implantées pour redonner aux fonctions imaginatives, créatrices, techniques une primauté agissante.
Nous connaissons les pratiques et les événements artistiques, culturels qui s'y rapportent. J'en énumère quelques uns pour mieux vous laisser compléter la liste : Ateliers d'expression et de création -arts plastiques, manuels, audiovisuels, CAO, photographie, musique, théâtre, littérature, poésie. Les expositions, les salons. Les rencontres théâtrales, musicales. Les bibliothèques/discothèques, les médiathèques. Les voyages culturels, les conférences-spectacles.
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♫ Il y a un hédonisme du quotidien irrépressible et puissant qui sous-tend et soutient toute vie en société. Michel Maffesoli
V/ Les collectivités locales et l'univers associatif
On y retrouve sensiblement les mêmes démarches, à l'échelle de tout un territoire, dans des domaines encore plus variés que ce qui est énoncé précédemment : Ex. spectacles de rue, Festivals de musiques, de théâtre, fêtes de quartier, etc. Mais il ne faut pas se cantonner au monde du spectacle, pour citer également tous les micro-organismes qui participent à ces mouvements d’animation culturelle : les cinés clubs, les guides qui font découvrir les villes et les musées, les conservatoires de musique, les associations culturelles, les cafés philos ou repères c’est selon, les foires au livres, vous trouverez aisément à compléter cette liste.
Les exemples réussis de transdisciplinarité artistique et culturelle sont nombreux. J'en cite quelques-uns : Transmusicales de Reims, de Montpellier pour encourager les jeunes talents, Festivals des musiques du Monde. Le caractère éclectique et exploratoire des manifestations de la Cité des sciences de la Villette.
Les expériences de résidence d'artistes internationaux pour monter un opéra baroque à Lyon, auxquels s'ajoutent les spectacles de danse contemporaine mixés avec le Hip Hop, à Nantes, dans la région parisienne et dans bien d'autres villes.
Les folles journées de Nantes qui réussissent l'intergénérationnel autour du classique, là où tous les autres ont plus ou moins échoué (L’Espagne, la Russie, etc. en adoptent le concept).
Les brassages artistiques présentés dans des friches industrielles, dans des lieux décalés (Ex Bordeaux) sont de plus en plus fréquents comme nouveaux espaces de vie culturelle, etc. Une chorégraphie de Pietragalla sur la vie des mineurs.
Sans oublier la pléthore d'expériences artistiques avec toutes les cultures du monde. Autant de pistes qu'il faudrait recenser pour leur valeur éclairante et incitative.
J'en termine avec les journées de la poésie, de la musique, des quartiers, etc. qui sont devenus des rendez-vous internationaux de la fête culturelle et artistique pour les amateurs et pour les professionnels pour que ce qui est réputé élitiste soit à la portée de tous… et tout le reste et tout le reste.
Les missions d’impulsion de la communication
On ne peut parler de culture sans évoquer son poisson-pilote la communication, associée à l'information. Leur complémentarité dynamique donne du sens aux choix que l'on privilégie, de la cohérence aux actions que l'on entreprend, de la cohésion au groupe qui impulse tout projet.
A chacun de ces termes correspondent des messages, une organisation, des méthodes de travail, des modes d'actions, des outils spécifiques, des fiches d'évaluation. Ils sont sélectionnés selon les objectifs fixés, les résultats attendus, les publics visés, le contexte particulier.
Ce mot ne comporte pas moins de cinq sens lui aussi ! (orientation, liaison, circulation, transport, supports). Sa richesse polysémique est source parfois de confusion ou d'abus d'expressions. Retenons qu'au-delà des techniques qu'il induit, il consiste surtout à créer les conditions propices à l'harmonie, à l'animation, à la dynamique de la vie collective lors de la mise en œuvre d'un projet.
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Culturellement votre
♫ La société n'est pas seulement un système mécanique de rapports économico-politiques ou sociaux, mais un ensemble de relations interactives, fait d'affects, d'émotions, de sensations, qui constituent stricto sensu le corps social. Michel Maffesoli
A quoi sert la culture ?
Comment s’en nourrir ?
Comment construire sa vie à partir de la culture ?
Comme il y a au moins 100 définitions du mot culture, retenons celle qui sous-tend la vie individuelle et collective : Est culturel ce qui donne du sens (dans toute sa polysémie - signification, sensation, direction) à la vie, qui enrichit l'individu, l'aide à se réaliser et à tendre vers ce supplément d'être et de mieux-être auquel chacun aspire. C'est à la fois le fruit de la pensée et de la création collectives et la volonté individuelle d'y accéder et de l'enrichir. Création, au sens le plus large, qui touche tous les domaines artistiques, scientifiques, sociologiques, etc.
La dimension culturelle et artistique de la vie sociale
L'idée centrale est que la culture doit être au cœur de tout projet politique pour repenser la vie de la cité. Pour clarifier cette approche, je tiens à souligner qu'il n'est en aucun cas question de cette culture générale en kit qui reste quand on a tout oublié, mais plutôt de celle qui renouvelle nos cadres de référence, nos modèles mentaux, nos systèmes de représentation, notre vision du Monde, nos perceptions esthétiques et sensorielles. Bref, celle qui nous personnalise, nous socialise, qui nous rend citoyens à part entière et nous met en phase avec notre époque et notre environnement.
C'est de cet angle de vue dont nous avons besoin en prémisses, pour que cette notion soit porteuse des clés pour réveiller la liberté d'esprit et la capacité à imaginer, à se projeter dans des univers différents, par sauts qualitatifs (ex. on n'a pas inventé l'électricité en améliorant la bougie ), par changements d'état ( Phénomène de surfusion qui fait passer d'un état liquide à un état solide ) qui sont de véritables bouleversements de l'existant.
La culture, un art de vivre qui donne du sens au quotidien et fait circuler l'énergie entre les individus
Devant les questions cruciales de Société plus primordiales les-unes que les autres, est-ce que la Culture et l'Art sont à prendre en considération au même degré ? Poser la question est déjà y répondre par l'affirmative. Car ces notions transversales essentielles sont plus que jamais au cœur de nos convictions, de nos réflexions.
Partagées par les citoyens, elles déterminent leur vision du Monde et celle de leurs descendants, elles étayent les valeurs qui les agrègent, qui disqualifient toutes les formes de discrimination, elles font aussi accepter les décisions qui impulsent la vie de la cité.
Et puis, elles contribuent à dépasser les blocages, les contradictions, les ségrégations dans lesquelles on nous enferme, pour différer tout changement, pour crisper la pensée plutôt que de la libérer.
Oui la culture comme l'art ont à la fois une dimension individuelle et collective. A cela près qu'il ne faut pas la cantonner à un exercice solitaire, mais susciter une dynamique de groupe aux effets multiplicateurs (1 + 1 = 3 - Vous connaissez la formule).
Cette conception moins apprêtée, moins ornementale constitue le prolongement démarqué de la culture scolaire et universitaire. Il est question cette fois de la culture dialectique d'investigation, véritable force d'exploration, d'imprégnation, d'interaction, de distinction, d'appropriation, d'émancipation que chacun met en œuvre à sa guise selon les associations d'idées qui lui sont spécifiques.
Les nouvelles technologies de l'information et de la communication en sont bien entendu les vecteurs interactifs de prédilection. Lire à ce propos La révolte du Pronetariat de Joël de Rosnay.
Une imprégnation qui permet de structurer sa pensée, de développer ses perceptions
Nous savons que toute création culturelle, artistique, scientifique, est composée, architecturée selon des codes, des symboles, un langage que nous percevons, dans lesquels nous nous reconnaissons, qui suscitent des émotions, des réactions. Elles constituent autant de grilles esthétiques dont les valeurs-racines nourrissent notre univers psychique et physiologique.
C'est ainsi qu'un texte, une poésie, des personnages de roman, un tableau, une sculpture, une image, une musique, une découverte, etc. laissent en nous leur empreinte, irriguent notre personnalité, au point de faire partie de nous-mêmes. C'est dire toute l'importance dans notre vie de cette imprégnation qui nous enrichit et nous métamorphose constamment.
Le sensoriel, le rationnel, le social, l'économique, l’esthétique s'interpénètrent ainsi pour créer en nous des interactions amplifiantes. Ils forgent dans une complémentarité dynamique l'esprit d'ouverture et de discernement qui incitent à ressentir, qualifier, intégrer, différencier, graduer, comparer etc. les informations que nous recevons chaque jour. Nous y puisons nos propres critères d'appréciation, contre toutes les pressions de conformité qui induisent trop souvent des aberrations de décision, qualifiées de syndrome d'Abilene.
En finir avec la pensée baguette/béret basque
Ce large balayage du pourquoi, tend à promouvoir une culture de la responsabilité, de la libération de la créativité de chacun dans une société plus équitable, orientée vers la participation aux avancées collectives, au service du renouveau de la démocratie du XXIe siècle.
Il appelle en prolongement le comment qui mérite un développement aussi attentif. Cela doit commencer par redéfinir les finalités des secteurs culturels et artistiques d'obédience publique ou privée, tournés vers le plus large public.
Ce regard neuf doit inciter à adapter le dispositif en place pour le rendre à même de répondre aux nouveaux enjeux nationaux et internationaux. La France est devenue un pays aux cultures transversales, qui ne doit pas oublier ses fondamentaux. La culture comme la langue française ne doivent plus camper sur des positions défensives, mais être dans le mouvement qui faisait dire à René Char qu’à chaque effondrement des preuves le poète répond par une salve d’avenir.
Dominique Génelot nous donne aussi des recommandations pour agir dans cette complexité tant redoutée, avec un esprit en éveil aux avancées de notre temps :
◊ Remonter à la source de nos représentations - Examiner si les sources personnelles, culturelles, contextuelles sont en harmonie avec le projet.
◊ Piloter par les finalités, qui permet d'éviter de tomber trop vite dans le piège du tout structurel. C'est l'énergie des femmes et des hommes qui constitue la dynamique du projet. Faire prévaloir la mission sur le service d'appartenance.
◊ Penser et organiser un projet comme un système ouvert, un faisceau d'interactions en liaison avec son environnement.
◊ Développer l'autonomie, ouvrir des espaces à l'invention (ce qui a donné par exemple naissance à la Twingo)
◊ Savoir reconnaître et articuler des logiques différentes. La complexité est un foisonnement de différences, d'interdépendances, de coopérations et d'antagonismes. C'est ce qui en fait la richesse. Évaluer leur niveau, leur échelle, pour les situer.
◊ Donner du sens, construire sur la culture. C'est à ce niveau qu'il faut placer l'angle de vue, la méta-vision qui permet de déterminer les choix stratégiques.
◊ Placer l'homme au centre de tout projet, en mariant conscience individuelle et collective
◊ Écarter les références périmées et négatives qui sont dans nos têtes, les petites phrases liberticides (c’est utopique, c'est trop cher, ce n'est pas réaliste, etc.).
Nos réformes dépendent avant tout de la culture qui prépare les esprits à cette contribution et non à je ne sais quel renoncement dû aux mises à l'écart de toute une frange de la population, par une certaine caste française. De ce point de vue, Alfred Sauvy a pu dire à un moment que la France était le 2e pays de castes après l'Inde. Nous devons faire mentir ce qui n'est pas tout à fait une boutade.
Cette culture motivante se construit au fil des étapes de la vie, de l'enfance à l'âge le plus avancé, offrant à chacun les possibilités d'accéder aux structures de socialisation au sein desquelles sont dispensées les valeurs, les normes, les codes, les symboles, les langages de notre culture. Ceci, afin de nous identifier de façon active et volontaire aux valeurs de notre situation géographique d'appartenance. La France et l'Europe au cas particulier.
Sans discontinuer, de la famille aux organismes d’enseignement, des lieux de travail et de sociabilité aux milieux associatifs, des relais d'imprégnation culturelle et artistique aux espaces de spectacles, des universités de Nantes aux Universités de Caen de Michel Onfray, chacun choisit les parcours multiples qui sont proposés. A condition bien sûr que les jeux ne soient pas faussés, que les dés ne soient pas pipés comme c'est trop souvent le cas.
A travers cette suite discontinue de dédales culturels, artistiques, esthétiques le choix est vaste pour affiner nos connaissances, nos perceptions, nos émotions, nos goûts, au gré des rencontres, des échanges, des événements, des situations qui nous façonnent imperceptiblement. Ceci vaut comme considération générale, mais aussi pour toutes les situations plus spécifiques à travers lesquelles passent tous ces parcours, ces chemins de traverse, qui peuvent être empruntés par ceux qui y sont guidés.
Contribution de Bernard Delloue <bernarddelloue@hotmail.com>