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DE LA PROPAGANDE MODERNE…

Autre article a lire::http://www.blogdemagog.com/site/articles/antiprop/propagande.htm

…ou comment les médias de masse se foutent de nous.



D’UN CERTAIN DÉVOIEMENT DES MEDIAS

Chacun le constate chaque jour, le traitement de l’actualité par les médias se dirige vers une partialité dommageable. La presse et la télévision nous invitent à penser comme ils l’entendent (souvent mal ?). Loin de moi tout penchant paranoïaque, ou toute volonté de condamner en bloc « les médias », si ce n’est par facilité de langage. Il s’agit bien au contraire de dénoncer ici une certaine tendance des médias à glisser vers des travers qui les éloignent de leur rôle d’information, d’analyse et de contre-pouvoir.

Dans La Fabrication du consentement (1988), Edward Herman et Noam Chomsky établissent un recensement des critères qui fondent selon eux le « modèle de propagande » en vogue aux États-Unis par le biais notamment des mass media. Parmi ces critères, on trouve notamment
:

1- Le recours à des statistiques ou des sondages biaisés.

2- La falsification de l'image.

3- L’auto-censure des rédactions (quand il ne s’agit pas de censure directe).

4- Les campagnes de diabolisations.



Cela ne vous évoque-t-il rien ? Quelques exemples pour vous éclaircir la vue si tel n’était pas le cas :

1- Recours à des statistiques ou sondages biaisés :

L’affaire des sondages commandés par l’Elysée, les nombreux sondages aux questions biaisées (relisez ceux qui ont eu lieu pendant la campagne présidentielle de 2007 notamment), les sondages sans aucun sens (pourquoi par exemple proposer DSK dans un sondage sur 2012 alors même qu’il a affirmé vouloir faire son mandat au FMI en entier, et que ce mandat se termine justement en 2012, APRÈS la présidentielle ? pourquoi monter en épingle la popularité de DSK alors même que tous savent très bien qu’il est surtout soutenu par les sympathisants de droite ?)… Tout ça ne vous dit rien ?

2- Falsification de l’image :

Les bourrelets de Sarkozy qui disparaissent, la bague de Dati qui s’évapore, le garde du corps qui accompagne Sarkozy et le Pape dont il ne reste plus qu’une jambe, Sarkozy qui fait la même taille que Bush sur une photo, alors que l’ex-président américain mesure plus de 1m80,… Tout ça ne vous dit rien ?

3- Auto-censure des rédactions :

Encore une fois, la bague de Dati qui disparaît de la une du Figaro, sans même l’intervention de l’intéressée, la presse et les médias français qui ne parlent pas de la mise en scène des visites de Sarkozy dans les usines (avec notamment le coup de l’estrade sur laquelle ne devaient se tenir que des gens plus petits que lui : il a fallu attendre que la TV belge en parle pour que les français soient au courant)… Tout ça ne vous dit rien ?




4- Campagnes de diabolisation :

Mitterrand qui est un pédophile en puissance, Jean Sarkozy qui est un mauvais élève incompétent, la grippe A qui va provoquer la fin du monde, à moins que ce ne soit la grippe aviaire, le PS qui est un parti pourri, dépassé, sans avenir… Tout ça ne vous dit rien ?



Les médias ont leurs têtes de turc. Ces têtes peuvent changer régulièrement, bien que certaines demeurent un choix de prédilection. Les médias organisent plus ou moins consciemment d’incessantes campagnes médiatiques ou chacun est appelé à avoir un avis, et où il est conseillé de suivre l’avis dominant sous peine de passer au hachoir. Une démocratie aboutie ne peut se satisfaire d’un tel emballement, d’une telle hémorragie, d’un tel rouleau compresseur médiatique, quelque soit la personne ou l’objet écrasé par ledit rouleau.

Les médias vous embobinent, se moquent de vous, insultent quotidiennement votre intelligence et votre discernement. Et vous, que faites-vous ? Sur la forme, vous vous dites « bien vrai, les médias abusent parfois », mais sur le fond, tout le temps ou presque vous n’avez pas le temps d’y réfléchir. Normal, on ne vous laisse pas le temps d’y réfléchir. Le temps des médias n’est pas celui des hommes, tout va trop vite : l’investigation laisse place aux copier-coller de dépêches AFP, l’analyse politique laisse place à « qui arrivera à faire dire la petite phrase qui tue à Untel ? », bref, l’information et l’actualité laissent place à l’évènementiel, au sensationnel, au dévoiement du journalisme. C’est fort regrettable, car des citoyens bien informés sont la clé de voûte d’une démocratie moderne. C’est pourquoi il faut saluer, même lorsqu’elles sont incomplètes, avortées, pas au niveau, les tentatives d’information honnête, d’analyse, de prise de recul,… Bref, de VRAI journalisme. Et espérer qu’elles seront bientôt la règle générale…




DE LA PROPAGANDE POLITIQUE APPLIQUÉE

La propagande politique suit quelques règles de base. Jean-Marie Domenach en donne une grille d’analyse pertinente dans La Propagande politique. Il considère qu’elle se fonde sur les suppositions suivantes :

1. la « simplification » et le choix d’un ennemi unique.

2. le « grossissement » et la « défiguration » des faits (pas de mensonge évident, juste une distorsion de la réalité dans le sens que l’on désire lui donner).

3. « l’orchestration » dans la répétition des thèmes principaux.

4. la « transfusion » qui recourt à des mythes préétablis et à des propensions collectives, enrôlés pour défendre le point de vue unique.

5. le « principe d’unanimité et de contagion » : l’intérêt de l’individu est de se plier à la volonté supposée du groupe, à la pression du conformisme ambiant, sous peine d’être jugé « divergent ».



Pour ma part, je reprendrais en grande partie cette typologie, en y amenant quelques nuances :


1. Simplification à outrance et caricature de l’ennemi désigné.


2. Déformation de la réalité et dissimulation/falsificatio
n des faits favorables à l’ennemi désigné.


3. Acharnement sur un ennemi unique (ou un nombre réduits d’ennemis) et répétition inlassable des mêmes thèmes.


4. Transfert/incarnation de présupposés idéologiques, mythiques et/ou historiques.


5. Unanimisation contrainte ou « effet moutonnier ».



EXEMPLES DE PROPAGANDE POLITIQUE

A/ L’exemple historique : la propagande nazie


Petit survol du cas de l’Allemagne nazie par le biais de cette grille d’analyse.

Les ennemis désignés sont : les Juifs, les Français (puis les communistes, les « Alliés »).


1. Simplification et caricature : les Juifs sont avides, cupides, corrompus, et ils veulent contrôler le monde entier – les Français sont médiocres et ils veulent envahir l’Allemagne… Deux messages simples diffusés par le parti nazi et Hitler. Le nazisme s’incarne dans des symboles graphiques et plastiques clairs (croix gammée sur tous les drapeaux, insignes, emblèmes…), identifiables par tous. Le régime veut se résumer en un seul slogan « Ein Volk, ein Reich, ein Führer [Un empire, un peuple, un guide] ». Si la simplification est à l’œuvre, la caricature l’est tout autant, notamment à propos des Juifs, qui sont par exemple associées, via une métaphore abjecte, à des rats (dans le Juif Eternel notamment).


2. Déformation et dissimulation/falsification : le Juif est assimilé à un corps étranger au peuple allemand (peu importe au régime que certains soient là depuis des générations et des générations), le français est décrit comme l’ennemi éternel de l’Allemagne… Les groupes d’individus sont considérés d’un seul bloc, sans laisser de place à la différenciation. L’Allemagne hitlérienne est donnée victorieuse… jusqu’à ce qu’elle perde. Les autorités (d’un côté comme de l’autre d’ailleurs) avaient tout intérêt à cacher la vérité sur les succès ou les échecs militaires (entre autres) afin d’assurer la cohésion du peuple. L’existence des camps de concentration resta également assez confidentielle, afin de ne pas créer de mouvement de panique et de peur : non, la peur devait s’agréger ailleurs, sur les Juifs, les Français… car le peuple s’unit face à l’adversité.

3. Acharnement et répétition : le message est diffusé en continu, par tous les biais (discours, journaux, cinéma, etc.). Le régime produit des actualités filmées et partiales, des documentaires présentant une réalité bien subjective, etc. Le but est bien d’assommer le peuple, d’endormir les consciences, de créer un effet de masse.

4. Transfert/incarnation: les nazis ont vogué sur l’antisémitisme latent en Allemagne (tout comme dans de nombreux pays d’Europe, dont la France) au début du XXe siècle ; ils ont fondé leur francophobie sur les deux guerres précédentes (1870 et 1914-18), etc. Le régime a également basé son imaginaire sur la « gloire » passée de l’Allemagne, afin de construire une mémoire et un idéal collectifs.

5. Unanimisation » et « effet moutonnier » : Hitler avait lu avec attention Psychologie des foules (1895) de Gustave Le Bon. Il a réussi à créer un mouvement de masse, notamment grâce au recours à de grandes « messes » nazies où il tenait des discours devant des milliers d’Allemands, en usant d’une rhétorique enthousiasmante où éclatait ses talents d’orateur. L’unanimisation passait également par le cinéma de propagande. L’idée finale était d’éteindre toute possibilité pour quiconque d’exprimer un avis divergent de celui du régime, sous peine d’être traité de « traître » et « d’ennemi du peuple », etc.

En s’y arrêtant un instant, on se demande : mais pourquoi, alors que tout semble aussi évident, personne n’a réagi plus tôt ? Et là demeure l’une des grandes questions de l’Histoire… La propagande, même quand elle dit son nom (tous les régimes totalitaires possédaient une entité officielle, ministère, secrétariat d’État ou autre, chargé ouvertement de la « propagande »), reste une contrainte insoutenable et un frein irrémédiable à la libre pensée, dont ne peuvent se défaire les peuples qu’en y opposant un mouvement de masse inverse, qui peut passer par une contre-propagande audacieuse. Dans le cas de l’Allemagne nazie, la propagande du régime était au service d’objectifs insoutenables et destructeurs : hiérarchie des « races » ; déportation et extermination des populations juives, tsiganes, homosexuelles, etc. ; invasion et occupation des pays frontaliers ; etc.



B/ L’exemple contemporain : « Bécassine » a fait l’ENA :

Dans un autre registre et sur un autre plan, revenons via la même grille d’analyse sur un cas plus contemporain, qui illustre à merveille cette propagande sournoise, qui n’ose dire son nom. Cette propagande, inconsciente ou intentionnelle, nous la subissons quotidiennement ou presque.

L’ennemie désignée est :
Ségolène Royal.


1. Simplification et caricature :

S. Royal est incompétente, nulle, cruche, isolée, « people » voire folle et illuminée… Le but est de lui attribuer plusieurs défauts bien identifiées et supposés fondés, avec pour objectif dernier de faire passer le message « elle n’a pas le costume pour assurer la plus haute responsabilité de l’État ». A y regarder de plus près, aucun des défauts qui sont mis en avant ne tiennent la route :

De l’incompétente, nulle et cruche : S. Royal est licenciée de sciences économiques, diplômée de Science Po et de l’ENA, elle fut conseillère de François Mitterrand, ministre à trois reprises, députée pendant une quinzaine d’années, elle est actuellement présidente de Région,… Elle a écrit 8 ouvrages, fait des conférences à travers le monde entier sur invitations de dirigeants et d’organisations étrangères (Québec, États-Unis, Argentine, Italie, Allemagne, Grèce, etc.). Elle accéda, malgré les embûches, au second tour de l’élection présidentielle, etc.
De l’isolée : Pour une personne isolée, réunir 50% des voix du PS sur son nom, c’est plutôt un bel exploit. Pour une personne isolée, réunir un dimanche de septembre à Montpellier plus de 3000 personnes, c’est un bel exploit. Pour une personne isolée, réunir plus de 500 personnes et plusieurs experts reconnus à chacune de ses universités populaires participatives (huit ont déjà eu lieu sur des thèmes divers, de la souffrance au travail à la crise économique, en passant par le bilan de la politique Obama ou les relations Europe-Afrique) c’est un bel exploit. Pour une personne isolée, avoir près de 10.000 adhérents à son mouvement Désirs d’Avenir, qui est un simple think tank, c’est un bel exploit, etc.
De la « people » : S.Royal a déjà trainé en justice de nombreux magazines et journaux qui exposaient sa vie privée, en ayant à chaque fois gain de cause. On a connu des « peoples » moins remontés contre les journaux people !
De la folle et « illuminée » : je donnerais deux exemples révélateurs du mensonge qui a été fait à propos de ses déclarations. Lorsque S. Royal a appelé à « rallumer tous les soleils» lors du Congrès du PS en novembre 2008, elle citait en réalité Jaurès, ce qu’apparemment n’ont pas compris ceux qui l’ont ce jour là sifflé. Lorsque S. Royal en août 2008 lança « aimons-nous les uns les autres » aux socialistes, elle faisait un clin d’œil au titre de l’album de Juliette Gréco de 2003 « Aimez-vous les uns les autres » (S. Royal est d’ailleurs une grande admiratrice de Juliette Gréco, puisque en juillet 2005, en ouverture des Francofolies, elle en parlait en ces termes : « Elle incarne pour moi la grâce, l’intelligence, un art incomparable de servir des textes
»).

2. Déformation et dissimulation/falsification:

Déformation : « FRA-TER-NI-TE », « bravitude »,... Le but est ici, dans la lignée de la simplification, de démontrer par des faits biaisés que les défauts qu’on lui attribue sont bien réels. Or, résumer un discours d’une heure par un mot, c’est biaiser la réalité, ce qui est encore plus vrai quand on résume en un mot un voyage diplomatique de 3 jours ; faire passer un néologisme pour une bourde, c’est biaiser la réalité, surtout quand on le répète en boucle tandis qu’on n’a même pas évoqué celui de Sarkozy et son « héritation », un mot qui pour le coup n’existait pas du tout ! ; faire de l’usage (dans un discours) du troisième mot de notre triptyque républicain une bévue, alors même que d’éminentes personnalités, telles Régis Debray, sortent des études à ce propos, c’est biaiser la réalité. Le fait de donner DSK préféré des français pour représenter la Gauche en 2012 est un autre visage de cette déformation et de cet effacement des nuances, les journalistes savent bien en effet que si l’on ne prend en compte que les seuls résultats des sympathisants de gauche (autrement dit ceux qui seront appelés à voter au sein des primaires), S. Royal se place en tête. Mais ils NE PEUVENT PAS le dire, car cela irait à l’encontre du message qu’il rabâche depuis des années (seul Ruquier a eu le courage de le faire sur Europe 1 à propos d’une présentation tendancieuse d’un sondage par Libération, or Ruquier n’est pas journaliste, alors qu’attendent les autres ?).
Dissimulation/falsification: « S. Royal n’est pas ambassadrice du PNUD » (alors même qu’elle n’a jamais utilisé le terme « ambassadrice » ! – la presse a ici exagéré une information pour pouvoir ensuite la démentir en portant le discrédit sur S. Royal, à laquelle le PNUD a pourtant bien confié une mission), « seulement 200 personnes à son Université populaire sur Obama » (alors même qu’il y avait plus de 600 personnes selon le pointage des services du théâtre et les journalistes vraiment présent sur place), aucun écho dans la presse de tous ces déplacements à l’étranger depuis 2008 (conférence et discours à Harvard, au Québec, en Italie, à Athènes, à Berlin, etc.)… Le but est de confirmer les défauts qu’on lui attribue, notamment sa prétendue incompétence, en oblitérant totalement les informations qui les démentent et en les dissimulant intentionnellement au grand public.

3. Acharnement et répétition :

« elle n’a même pas le niveau du bac », « c’est Bécassine », « qui va garder les enfants ? », « elle devrait se faire hospitaliser », « son programme c’est Voici », « elle a de sérieux troubles psychologiques », « elle est nulle en économie et en affaires étrangères » et tant d’autres bon mots qu’on a pu entendre dans la bouche de nos dirigeants, responsables politiques, journaliste, éditorialistes… Le but est de décliner sous diverses formes les défauts qu’on lui a attribués et de les répéter en boucle, dans tous les milieux (presse écrite, télé, cénacles journalistiques et politiques, etc.). En les rabâchant, on tente de faire passer ces paroles pour des vérités objectives, sans même avoir à les justifier.

4. Transfert/incarnation :

« belle », « féminine », « mère », et donc forcément « incompétente », « cruche »… Tout comme pour Édith Cresson lorsqu’elle était premier ministre (et comme pour toute femme politique atteignant un certain niveau de responsabilité), le but est ici de la discréditer en faisant appel chez certains (notamment parmi les personnes âgées) à des préjugés culturels et à un certain machisme inconscient. L’idée fondamentale est donc : une politique féminine et avenante ne peut pas être compétente. Pour s’en départir, certaines femmes politiques ont fait le choix de miser sur un look austère et rigoriste (Alliot-Marie, Aubry,… mais également Merkel, Thatcher, etc.). On tente d’incarner en S. Royal tout ce que les gens détestent chez une femme politique, soit une combinaison de l’autoritarisme, de la beauté niaise et de l’opportunisme. Il ne viendrait à l’idée de personne de critiquer Martine Aubry ou Michèle Alliot-Marie pour leur « autorité », mais celle de Ségolène Royal est jugée, quant à elle, mal à propos. Bien curieuse façon d’envisager la politique.

5. « Unanimisation » et « effet moutonnier » :

95% des journalistes, 99% de la classe politique vous disent que S. Royal est une « cruche », « nulle », etc. donc on ne vous demande même pas d’y réfléchir, il faut vous plier à cette vérité puisque c’est celle qu’on vous assène. Toute personne esquissant un semblant de nuance à propos de cette vérité est brocardé, moqué, et tourné en dérision. Le but est clairement ici de « briser » toute renaissance politique de cette femme politique en rappelant à chacun que, s’il ne soutient ne serait-ce qu’une seule de ses initiatives, c’est qu’il est un « fanatique » et qu’il devrait avoir honte de ses opinions (comme si S. Royal était une sorte de Jean-Marie Le Pen avec un tailleur). On nous fait croire que la « masse » le pense, pour mieux nous contraindre à cette opinion soit disant « dominante ». Car malheureusement, la nature humaine veut que, quand un groupe adopte un comportement, les plus sceptiques face à l’opinion véhiculée sont obligés d'adopter le même comportement que la majorité supposée, pour ne pas paraître différents.


Ce qu’on reproche à S. Royal en réalité, en l’accusant de tous les maux, c’est sa liberté de ton et de parole, sa manière (trop ?) différente d’envisager la politique, la façon dont elle se départie des « codes » et du conformisme. Mais on ne peut dire ouvertement ce dont on l’incrimine (autrement dit cette forme de subversion, d’indépendance, de différence) car cela tournerait à son avantage. Alors on préfère mener une campagne médiatique de décrédibilisation, qui trouve fort heureusement ses limites, car nombre de nos concitoyens ne sont pas dupes.



EN GUISE DE CONCLUSION

La majorité des médias (par facilité, par manque de professionnalisme ou de déontologie, et parfois intentionnellement) ne jouent plus le rôle qu’ils devraient tenir afin d’élever la démocratie. C’est ce procédé qui est condamnable, et non pas tel ou tel journaliste, tel ou tel organe de presse. Nous ne devons pas tirer à boulets rouges sur des particularités, mais bien remettre en cause le système dans sa globalité. Il faut lutter contre cette dérive médiatique, par tous les moyens. Il existe des méthodes alternatives d’information, il est également possible, de plus en plus souvent, d’aller chercher le renseignement ou l’actualité à la source (ce qui signifie lire, écouter, regarder sans passer par un pré-mâchage journalistique indigeste). Il ne s’agit pas de démédiatiser la société, mais bien de parer à un traitement sournois et partial de l’actualité. Il ne s’agit pas de prôner le peuple contre les élites, mais bien d’offrir à chacun une information libre, plurielle, voire contradictoire, qui se défasse de ses tentations propagandistes. Les citoyens et la démocratie le méritent bien.


E.R.
                   Vous avez des contributions nous vous les ferons paraItres
                                                      voici les deux premiers

En quête d’identité
Partager une culture en ébullition

L’identité française c’est d’abord l’identité de la France, son image, sa notoriété, les valeurs qui s’y rattachent, les droits et les devoirs de ceux qui y résident, leur comportement citoyen, la culture, les symboles, les mythes, les modèles de représentation qui fondent son unité et ses relations avec l’Europe et le Monde. C’est aussi le respect des principes fondamentaux de la démocratie, des droits de l’homme et  de la laïcité. Principes qui s’appliquent à toutes et à tous sans discrimination.


Il est plus que jamais nécessaire de réinterpréter ces mots, dans leur plus ample acception, sous l’angle juridique, sociologique, psychologique, philosophique, etc. Il ne faut plus nous contenter de fragmenter notre pensée et d’en réduire la portée. Nous différons depuis trop longtemps les véritables mutations, pensant que les automatismes y pourvoiront pour nous.

Leur réactivation pour des raisons bassement électoralistes ne facilite certes pas la réflexion de fond et le débat qui apporteraient un éclairage neuf, plus ancré dans le réel de la société moderne. Il nous appartient pourtant de les revisiter dans la sérénité, pour en explorer le sens contemporain sans nous soucier des foudres, de la stigmatisation des gardiens du temple de la langue de bois. 

En dépit des ajustements sporadiques, le décalage entre les intentions et l’évolution du Monde, reste encore considérable, Il faut donc donner de nouveaux coups de projecteur sur ce questionnement, qu’il est essentiel de développer selon notre propre échelle de valeurs, notre propre projet de société.

 A mots couverts

C’est étonnant comme le dévoiement des mots peut les dévitaliser et les condamner à une léthargie, à un purgatoire dont ils sortent difficilement vivants. J’en veux pour preuve l’idée de Nation, desservie par sa dérive nationaliste, la notion d’identité détournée par les relents identitaires, le mot  peuple, corrompu par son extension péjorative populiste et il y a quantité d’autres exemples.
Pour certains, la disqualification tient lieu de raisonnement voire d’argument pour stériliser toute réflexion et la remplacer par des lancers d’invectives. Et pourtant nous savons d’expérience que taire certaines réalités ne nous a jamais réussi. Est-ce que le non-dit est toujours une spécialité de la cuisine historique française ? Est-ce avec des silences réprobateurs que l’on motive et convainc. Qui peut encore penser cela ?
C’est ainsi que la gauche sclérose sa pensée depuis de nombreuses années, à coup d’injonctions, d’anathèmes plus surannés les-uns que les autres. Ses cadres sont anesthésiés par une culture narcissique qui les incite à se focaliser sur leur propre reflet. Ils refusent de tirer les conséquences évolutives des turbulences du monde dans lequel nous vivons, parce qu’impuissants à trouver des solutions à la dimension de cette complexité qui appelle des systèmes de représentation radicalement différents. Est-il besoin de leur rappeler que l’abus de références passéistes nuit gravement à la pensée prospective.
Réaffirmons une évidence, que l’éducation et la culture propres à chaque pays, doivent insuffler à toutes et à tous, une manière de penser le monde en termes d’interactions, de globalisation, de changements d’état, de sauts qualitatifs, d’anticipation, de mouvement, d’innovation, de visions, etc. pour voir plus large dans l’espace et plus loin dans le temps.
Les mutations permanentes, les situations composites, les dissonances cognitives, doivent être estimées et jugées avec cette plasticité mentale, cette capacité à croiser les informations les plus hétérodoxes qui prédisposent à réguler les situations les plus imprévisibles ; complémentaires voire contradictoires, ce qu’Edgar Morin appelle le dialogique. Nous avons rendez-vous avec le XXI e siècle, soyons plus pugnaces pour en comprendre les enjeux, la nouvelle donne, les mises en perspectives radicalement ingénieuses et pionnières qui s’imposent à nous. Donnons des orientations lisibles et audibles à tous ceux qui attendent que nous sortions de notre repli de citadelle assiégée.    

Réussir une fusion entre l’individuel et le collectif
Dès que l’on parle d’une personne ou d’une institution, les notions d’identité, et d’image se posent sans que cela choque personne. La transposition de ces notions dans le domaine de la communication ne heurte pas davantage, puisqu’elle aide à mieux comprendre le degré d’immersion d’une individualité dans le contexte dans lequel elle se développe. Mais aussi la singularité qui la caractérise au regard de l’environnement qui l’a vu naître, grandir, se construire, se réaliser, se personnaliser, se situer par rapport aux autres. Ici je fais référence à la communication qui facilite les échanges et non pas à sa forme dévoyée d’instrument de propagande . Cela passe aussi par le fait de se sentir en adéquation avec les cultures française et européenne, dans lesquelles nous nous reconnaissons et au-delà avec toutes les cultures qui nous enrichissent et nous amènent à élargir notre champ de vision.
De l’identité à l’identification, il y a un pas que l’éducation et l’enseignement s’emploient à mettre en phase et à mettre en œuvre, pour que l’individu se structure à partir de ce socle d’appartenance et de reconnaissance, s’identifie à la collectivité au sein de laquelle il vit et trace sa voie. Ceci pour qu’il puisse se socialiser en harmonie avec le pacte républicain qui scelle l’intérêt de tous à s’impliquer dans un projet collectif, pour trouver du sens à ses perspectives personnelles d’épanouissement, de réalisation.
De cette cohérence dépend la cohésion du groupe qui veut renvoyer une image  conforme aux engagements, aux  valeurs qui fondent son identité culturelle.
C’est pourquoi nous devons plus que jamais donner un sens actualisé à quelques mots tels identité, image, culture, valeurs, notoriété, intégration, assimilation, pour leur apporter un nouvel éclat, une nouvelle résonance, réduire aussi leur part d’ombre amplifiée par certains. Face à l’atonie qui frappe depuis plusieurs années nos représentants politiques, il s’agit de redonner un regain de vitalité à ces concepts, pour qu’ils puissent servir à nouveau de mise en perspective de nos espérances.
Composantes de l’identité
graphicIdentité personnelle
Personnalité, image de soi telle que nous l’intériorisons, la projetons vers les autres et telle qu’elle est perçue par notre entourage.
Identité sociale
Propension à s’intégrer à un groupe, à en accepter les codes de socialisation, les comportements en symbiose avec le groupe d’appartenance, les rituels, les marques de reconnaissance.
Identité culturelle
Adoption des valeurs identificatrices, des références, des modèles, des mythes qui donnent du sens au renom du pays dans lequel nous résidons et par voie de conséquence à nos engagements, à nos actes. C’est la médiation, le liant entre la société et l’individu.
Identité sexuelle
Conscience de la personne qui se reconnaît comme être sexué avec tout ce que cela comporte sur le plan biologique, relationnel, social, etc.
Identité nationale

Se réclamer des valeurs, de la culture, des codes sociétaux qui régissent le mode de vie d’un pays. Connaître les droits et les devoirs des juridictions qui garantissent l’application des principes démocratiques. A une incidence sur l’identité personnelle, sociale, culturelle qui unit les citoyens d’un même pays.






1ere fiche

Cette transmission passe notamment par cinq pôles :

Ils sculptent notre identité personnelle, sociale, culturelle. Cette dernière regroupe tout ce qui est commun avec les autres membres du groupe, telles les règles, les normes et les valeurs que chacun partage avec l’environnement au sein duquel il évolue.

  1. Le contexte familial et social,
  2. Le milieu scolaire et universitaire,
  3. Les aménagements socioculturels
  4. Le monde du travail,
  5. Les collectivités territoriales et l'univers associatif


I / Le contexte familial et social

C'est le premier à nous marquer affectivement et mentalement. Les informations, les imprégnations que nous recevons de la vie familiale conditionnent de façon durable et prégnante nos schémas mentaux, émotionnels. Elles contribuent à former nos goûts, notre sensibilité, à construire notre personnalité, notre identité personnelle.

A ce niveau il existe donc une disparité initiale entre les milieux familiaux pour qui cette dimension de la vie revêt une plus ou moins grande importance. C'est à ce stade que se forme le désir de culture et les élans de la passion qui s'y rattachent.

  • Imprégnation, apprentissage, valeur de l'exemple

La transmission familiale d'un tel héritage n'est pas heureusement limitée à la famille stricto sensu, mais s'élargit aux cercles des relations qui gravitent autour de cet axe, allant aussi jusqu'aux animateurs socioculturels et aux enseignants.

Le bulletin du département des études et de la prospective de février 2004, du Ministère de la culture et de la communication, révèle que plus de la moitié des passions culturelles sont transmises par les parents.

C'est dans les domaines de la lecture (65 %) et de la musique (57 %) que l'influence des parents s'exerce avec le plus de force. Les arts plastiques, les spectacles vivants (la danse, le théâtre) les loisirs scientifiques et techniques, l'apprentissage des langues le sont dans une moindre mesure.

En résumé, les parents et les frères et sœurs, sont les principaux acteurs de cette transmission. Viennent ensuite à des degrés divers les passeurs, les grands-parents, les voisins, les amis, et les enseignants (8 %)

De cette imprégnation familiale découle aussi la fréquentation des équipements culturels et l'exercice des pratiques artistiques. On peut ainsi dégager trois séries de facteurs fortement corrélés : les premiers sont liés aux conditions générales de socialisation, à l'apprentissage précoce, au mimétisme familial. Le tout dépendant des valeurs affirmées, de la façon dont elles sont exprimées.

Ces considérations renvoient au style de vie de la famille, à sa manière ouverte et critique d'aborder les questions de société et d'en débattre en commun. Ceci crée une disposition d'esprit réceptive à la complexité de la pensée, des choix de vie, à la globalisation des interactions dans le monde.

A noter que le rôle des femmes est dans ce contexte supérieur à celui des hommes. Elles sont deux fois plus nombreuses à assurer cette transmission.

Pour réduire les disparités entre les univers familiaux, il existe, à l'Université de Paris X- Nanterre des équipes de recherche sur le fonctionnement des entités familiales et dans la mesure où il y a dysfonctionnement, comment suppléer aux carences de la famille.

Ces équipes analysent les dispositifs de soutien parental, d'aide éducative, voire de suppléance familiale. Elles se préoccupent de la formation des professionnels sociaux et médico-sociaux. Diverses compétences sont agrégées aux sciences de l'éducation, avec la sociologie, la psychosociologie, la psychologie du développement, l'anthropologie, la santé publique, la philosophie, etc.

Il n’en demeure pas moins que l’on peut penser avec Malraux que la culture n’est pas qu’un héritage, elle se conquiert.



2e fiche

♫ Je voudrais exhorter les responsables à faire l’indispensable effort de vocabulaire qui permet de construire une nouvelle pensée. Que seraient devenus nos ancêtres des cavernes s’ils s’étaient définitivement contentés de grognements. Dominique Génelot

♫ Pour un nouveau mot qui entre dans le dictionnaire comme le verbe kiffer, c’est douze verbes qui sont condamnés à ne plus être dits par les adolescents. La langue est un code, avec ses lois , sa grammaire et qui les ignore ou les malmène menace son lien avec autrui. Le barbarisme mène à la barbarie, tel est le credo, le cri d’alarme de Cécile Ladjali agrégée de lettres modernes dans un lycée de Seine-St-Denis. Extrait de son livre Mauvaise langue au Seuil.


II / Le milieu scolaire et universitaire

Il faut faire circuler une pensée régénérée, revitalisée, réinventée dans nos esprits. C'est le tremplin de toute réforme effective. Edgar Morin lors de journées thématiques intitulées - Relier les connaissances - Le défi du XXIe siècle, nous y invite pour trouver de nouvelles voies d'exploration aussi bien dans les modes de pensée, que dans les méthodes de travail et les actions qui en découlent, articulées dans l'esprit des propositions suivantes :

  • Former des esprits capables d'organiser leurs connaissances, plutôt que d'emmagasiner une accumulation de savoirs,
  • Renouer avec le plaisir des idées, de l'apprentissage,
  • Réfléchir sur la nouvelle condition humaine,
  • Se familiariser avec les arcanes de la vie,
  • Actualiser la notion d'école de la citoyenneté et j'ajoute réaffirmer le principe intangible de laïcité de la démocratie (proposition de loi en cours),
  • Apprendre à nos enfants à décrypter le langage des images, les codes de communication par l'image, à faire la juste part entre le virtuel et le réel, à associer jeu et imaginaire,
  • Donner les clés pour se situer avec lucidité dans le monde d'Internet. Leur meilleure protection contre certains dangers étant de les inciter à être vigilants et à utiliser ce vecteur multimédia de connaissance dans toute sa dimension. Pour reprendre le titre d'une émission de télévision : le meilleur filtre pour protéger un enfant se trouve entre ses deux oreilles, c'est son cerveau.
  • Sensibiliser dès le plus jeune âge à l'architecture, aux arts plastiques, aux musiques de tous styles, au design, à la création par ordinateur, à la vidéo, etc. pour percevoir le monde à travers ces prismes amplificateurs de nos capacités,  
  • Relier les connaissances pour mieux les placer en interactions, avec le concours de passeurs interdisciplinaires.
  • Mettre en action les Observatoires des zones prioritaires, généraliser les instances d'aide à la petite enfance, etc.


à Commentaires de ces quelques points

 La nouvelle condition humaine, tirer les leçons des sciences humaines qui aident à discerner les choix qui président à notre devenir individuel, social, économique, imaginaire, symbolique, mythique.

La culture humaniste, la littérature, le théâtre, le cinéma, etc. nous donnent à voir les individus dans leur singularité, leur subjectivité, leur inscription sociale, l'empreinte de l'histoire, des passions, des amours, des haines, des jalousies. Ils nous incitent à prendre conscience des réalités humaines, de leur complexité. La musique, l'opéra, la danse ne sont pas en reste pour élargir nos gammes de perceptions, pour changer rapidement de niveau d'état mental.

La finalité de l'enseignement est d'amener les élèves à se reconnaître dans leur humanité et à se situer dans la société et dans le monde, pour en assumer toutes les implications.

Apprendre à vivre nécessite une confrontation aux aléas de l'existence, à travers une approche transdisciplinaire. L'histoire du cosmos, de la terre, de la vie, de l'humanité, permettent de confronter ces informations pour y trouver des similitudes des analogies. C'est de cet exercice d'association d'idées que la pensée s'élabore selon les propensions de chacun, plus orientée vers un jugement d'existence que vers un jugement de valeurs  

La poésie et la philosophie éclairent les nombreuses manières de styliser notre vie dans un texte, de passer au crible les questions suscitées par l'énigme de notre existence, de notre situation dans l'univers.

Se penser en qualité de citoyen appartenant à une culture partagée tant au niveau national, qu'européen et mondial. Comment appréhender la civilisation qui se dessine actuellement en réponse à l'actualité et aux perspectives d'avenir. Est-elle au diapason des impératifs des mentalités de notre temps ? Rappeler de façon actualisée les principes fondateurs de la laïcité dans toute démocratie.

Enfin, relier les connaissances, ce qui consiste à globaliser les connaissances dans un contexte déterminé et à les articuler entre elles. Cette démarche ne peut être envisagée sans de nouveaux modes de réflexion,  de nouvelles méthodes de travail, un état d'esprit tourné vers l'échange, une volonté de dépasser les cloisonnements de la pensée et des organisations, pour rendre à la société une plasticité dont elle a besoin pour libérer notre potentiel créatif et notre capacité à penser la complexité des situations que nous vivons. Sans brandir le mot crise, à chaque fois que nous sommes dépassés par une situation, en guise de joker d’incompétence.

Il faut sans réticence entrer dans le XXIe siècle en congédiant les schémas de pensées inspirés de modèles périmés, ce qui n’est pas une péremption due à l’ancienneté, car par exemple Shakespeare est plus que jamais d’actualité. Il faut enfin sortir de l'accumulation des savoirs académiques, changer le rythme des programmes dictés par les dogmes d'une institution autocentrée.

Il est aussi nécessaire de sortir de ces spirales où règne la loi de la convergence et de la sélection à outrance, pour renouer avec les plaisirs de la connaissance, de l'enrichissement spirituel personnel et partagé. Edgar Morin, Michel Serres, Boris Cyrulnik et bien d'autres ont proposé à tout le milieu scolaire et universitaire de s'orienter vers l'idée d'apprendre à apprendre, d'épanouir sa personnalité pour mieux trouver sa propre voie dans un monde en constante évolution. Qu'en est-il aujourd'hui ? Cette mise en perspective n'est toujours pas à l'ordre du jour. Mais soyons optimistes, la vie finit toujours par triompher.

Voici pour compléter ce développement, le résumé d'une conférence de Boris Cyrulnik aux Universités d'été de Nantes :

On nous fait croire que l'école est le lieu de transmission des connaissances, alors que c'est plutôt l'espace où l'on tisse des liens d’attachement, où l'on acquiert un sentiment d'appartenance par les gestes, les postures de l'éloquence, les mêmes représentations que l'on partage avec d'autres.

Ce rôle structurant construit l'estime de soi, en relais avec l'attachement serein et le style affectif vécu depuis l'enfance. Ce qui détermine le plaisir de l'enfant à apprendre son monde.

Il y a donc corrélation étroite entre la structure affective parentale et l'attention qui est portée à l'enfant durant sa scolarité. C'est de ces attachements sécures que dépend la réussite de l'enfant.

Toutefois, si les conditions idéales ne sont pas remplies au départ, la plasticité du cerveau et de l'intelligence permet néanmoins de rattraper ce handicap ultérieurement .Ce qui est plutôt réconfortant.

Terminons par cette remarque faite sur le peu d'attention porté en France aux rythmes scolaires, toujours calqués sur les séquences du monde adulte du XIXe siècle, alors que l'UNESCO a démontré les effets néfastes de cette attitude décalée. Quand serons-nous davantage à l'écoute du monde en mouvement ?


3e fiche

La culture et l'art aident une personnalité à se construire, pour s'épanouir dans une dynamique collective.

III / Les aménagements socioculturels

Les Maisons de la culture ont été les fleurons de la politique culturelle des années 1960. Après de nombreuses mues et extensions, elles ont trouvé une vitesse de croisière autour de trois pôles d'orientation plus conformes à l'objet auquel elles étaient destinées.

  • L'animation

Aller vers le public, le conquérir, l'initier aux divers modes d'expression artistique.

  • La liberté

Indépendance par rapport aux pressions des pouvoirs politiques, esthétiques. Indépendance aussi du public à choisir son éventail de spectacles, d'événements artistiques.

  • La polyvalence

Diversité des genres, des styles, croisement des formes d'expression : des musiques aux arts plastiques, au théâtre, à l'opéra, à la danse sous tous ses aspects, aux disciplines du cirque, etc.)

Certes, ce maillage évolue constamment pour tous. Pour sortir du vivier hexagonal, j’extrais quelques messages mettant en valeur la politique culturelle de la ville de Montréal. Son slogan : Montréal, ville de culture ville d'avenir. La culture est déjà au cœur de l'identité, de l'histoire, de la cohésion sociale, elle est un moteur essentiel de son développement, de son dynamisme économique et de sa prospérité future.

La puissance créatrice, la diversité, l'ouverture, l'effervescence animent la vitalité culturelle. Toutes les composantes du secteur créatif musique, danse, spectacles, événements artistiques, etc. se conjuguent avec les universités, les instituts de recherche, les nouvelles technologies, la communication.

Cette métropole culturelle mêle avec la même conviction l'aménagement du territoire, la qualité de l'architecture, la signalisation, l'affichage, l'éclairage, la charte d'identité visuelle, les loisirs et le sport, l'environnement durable, les valeurs sociales, avec à la clé une charte montréalaise des droits et des responsabilités. Ce n'est pas un inventaire à la Prévert, mais une capacité à mettre en perspective la complexité de son avenir.

Ils ajoutent que les arts et la culture sont d'abord une valeur en soi, une identité, un besoin vital. Ils possèdent une valeur de dialogue interculturel, d'émancipation sociale, de recherche et d'innovation artistique, ainsi que de contribution à l'économie. Dimensions marquantes dans l'évolution récente du pays.

Nos cousins d'Amérique soulignent que la convivialité est imaginable dans une collectivité fondée non pas sur la seule tolérance, mais sur l'ouverture et sur la confiance. J'ajoute que ce n'est pas qu'une pétition de principe, mais qu'elle doit se vérifier au quotidien dans l'action. Rêvons de ce pragmatisme patiné d’utopie.


4e fiche

♫ Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde - Gandhi

IV/ Le monde du travail

La vie culturelle sur les lieux de travail est loin d'être acceptée par tous. Elle est toutefois intégrée dans les grandes unités de la Fonction publique, des entreprises. C'est un élément vital de leur dynamisme. La vie associative en est souvent le vecteur majoritaire.

Ni étatique, ni commerciale, la voie culturelle associative se caractérise par une identité, une finalité, des structures, des institutions, des moyens, des événements et des zones d'intervention spécifiques.

Il s'agit d'un vaste champ d'expression et d'expériences qui incite plus à créer qu'à reproduire, dans le meilleur des cas naturellement. Il permet de placer en interaction épanouissement personnel et transformations sociales, en créant des passerelles et des transferts entre itinéraire culturel et parcours professionnel.

C'est à la fois une force de propositions, de réalisations, de régénération, de dynamisation du monde du travail et une source de socialisation à travers les nombreux événements ainsi créés (ateliers, expositions, concerts, rencontres poésie et théâtre, etc.)

Il est question aussi de répondre à un désir de concevoir, de réaliser avec le sens du jeu, de tisser une relation de complicité sur laquelle repose les actions de groupe. Ces pratiques permettent donc à chacun de s'épanouir, de se retrouver, d'échanger à partir d'un faisceau de passions partagées.

De nombreux espaces de communication, de création, de publication, de diffusion, de présentation, sont implantées pour redonner aux fonctions imaginatives, créatrices, techniques une primauté agissante.

Nous connaissons les pratiques et les événements artistiques, culturels qui s'y rapportent. J'en énumère quelques uns pour mieux vous laisser compléter la liste : Ateliers d'expression et de création -arts plastiques, manuels, audiovisuels, CAO, photographie, musique, théâtre, littérature, poésie. Les expositions, les salons. Les rencontres théâtrales, musicales. Les bibliothèques/discothèques, les médiathèques. Les voyages culturels, les conférences-spectacles.


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♫ Il y a un hédonisme du quotidien irrépressible et puissant qui sous-tend et soutient toute vie en société. Michel Maffesoli


V/ Les collectivités locales et l'univers associatif

On y retrouve sensiblement les mêmes démarches, à l'échelle de tout un territoire, dans des domaines encore plus variés que ce qui est énoncé précédemment : Ex. spectacles de rue, Festivals de musiques, de théâtre, fêtes de quartier, etc. Mais il ne faut pas se cantonner au monde du spectacle, pour citer également tous les micro-organismes qui participent à ces mouvements d’animation culturelle : les cinés clubs, les guides qui font découvrir les villes et les musées, les conservatoires de musique, les associations culturelles, les cafés philos ou repères c’est selon, les foires au livres, vous trouverez aisément à compléter cette liste.

Les exemples réussis de transdisciplinarité artistique et culturelle sont nombreux. J'en cite quelques-uns : Transmusicales de Reims, de Montpellier pour encourager les jeunes talents, Festivals des musiques du Monde. Le caractère éclectique et exploratoire des manifestations de la Cité des sciences de la Villette.

Les expériences de résidence d'artistes internationaux pour monter un opéra baroque à Lyon, auxquels s'ajoutent les spectacles de danse contemporaine mixés avec le Hip Hop, à Nantes, dans la région parisienne et dans bien d'autres villes.

Les folles journées de Nantes qui réussissent l'intergénérationnel autour du classique, là où tous les autres ont plus ou moins échoué (L’Espagne, la Russie, etc. en adoptent le concept).

Les brassages artistiques présentés dans des friches industrielles, dans des lieux décalés (Ex Bordeaux) sont de plus en plus fréquents comme nouveaux espaces de vie culturelle, etc. Une chorégraphie de Pietragalla sur la vie des mineurs.

Sans oublier la pléthore d'expériences artistiques avec toutes les cultures du monde. Autant de pistes qu'il faudrait recenser pour leur valeur éclairante et incitative.

 J'en termine avec les journées de la poésie, de la musique, des quartiers, etc. qui sont devenus des rendez-vous internationaux de la fête culturelle et artistique pour les amateurs et pour les professionnels pour que ce qui est réputé élitiste soit à la portée de tous… et tout le reste et tout le reste.


Les missions d’impulsion de la communication

On ne peut parler de culture sans évoquer son poisson-pilote la communication, associée à l'information. Leur complémentarité dynamique donne du sens aux choix que l'on privilégie, de la cohérence aux actions que l'on entreprend, de la cohésion au groupe qui impulse tout projet.

A chacun de ces termes correspondent des messages, une organisation, des méthodes de travail, des modes d'actions, des outils spécifiques, des fiches d'évaluation. Ils sont sélectionnés selon les objectifs fixés, les résultats attendus, les publics visés, le contexte particulier.

Ce mot ne comporte pas moins de cinq sens lui aussi ! (orientation, liaison, circulation, transport, supports). Sa richesse polysémique est source parfois de confusion ou d'abus d'expressions. Retenons qu'au-delà des techniques qu'il induit, il consiste surtout à créer les conditions propices à l'harmonie, à l'animation, à la dynamique de la vie collective lors de la mise en œuvre d'un projet.


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Culturellement votre

♫ La société n'est pas seulement un système mécanique de rapports économico-politiques ou sociaux, mais un ensemble de relations interactives, fait d'affects, d'émotions, de sensations, qui constituent stricto sensu le corps social. Michel Maffesoli


A quoi sert la culture ?

Comment s’en nourrir ?

Comment construire sa vie à partir de la culture ?



Comme il y a au moins 100 définitions du mot culture, retenons celle qui sous-tend la vie individuelle et collective : Est culturel ce qui donne du sens (dans toute sa polysémie - signification, sensation, direction) à la vie, qui enrichit l'individu, l'aide à se réaliser et à tendre vers ce supplément d'être et de mieux-être auquel chacun aspire. C'est à la fois le fruit de la pensée et de la création collectives et la volonté individuelle d'y accéder et de l'enrichir. Création, au sens le plus large, qui touche tous les domaines artistiques, scientifiques, sociologiques, etc.


La dimension culturelle et artistique de la vie sociale

 L'idée centrale est que la culture doit être au cœur de tout projet politique pour repenser la vie de la cité. Pour clarifier cette approche, je tiens à souligner qu'il n'est en aucun cas question de cette culture générale en kit qui reste quand on a tout oublié, mais plutôt de celle qui renouvelle nos cadres de référence, nos modèles mentaux, nos systèmes de représentation, notre vision du Monde, nos perceptions esthétiques et sensorielles. Bref, celle qui nous personnalise, nous socialise, qui nous rend citoyens à part entière et nous met en phase avec notre époque et notre environnement.

C'est de cet angle de vue dont nous avons besoin en prémisses, pour que cette notion soit porteuse des clés pour réveiller la liberté d'esprit et la capacité à imaginer, à se projeter dans des univers différents, par sauts qualitatifs (ex. on n'a pas inventé l'électricité en améliorant la bougie ), par changements d'état ( Phénomène de surfusion qui fait passer d'un état liquide à un état solide ) qui sont de véritables bouleversements de l'existant.

La culture, un art de vivre qui donne du sens au quotidien et fait circuler l'énergie entre les individus

Devant les questions cruciales de Société plus primordiales les-unes que les autres, est-ce que la Culture et l'Art sont à prendre en considération au même degré ? Poser la question est déjà y répondre par l'affirmative. Car ces notions transversales essentielles sont plus que jamais au cœur de nos convictions, de nos réflexions.

Partagées par les citoyens, elles déterminent leur vision du Monde et celle de leurs descendants, elles étayent les valeurs qui les agrègent, qui disqualifient toutes les formes de discrimination, elles font aussi accepter les décisions qui impulsent la vie de la cité.

Et puis, elles contribuent à dépasser les blocages, les contradictions, les ségrégations dans lesquelles on nous enferme, pour différer tout changement, pour crisper la pensée plutôt que de la libérer.

Oui la culture comme l'art ont à la fois une dimension individuelle et collective. A cela près qu'il ne faut pas la cantonner à un exercice solitaire, mais susciter une dynamique de groupe aux effets multiplicateurs (1 + 1 = 3 - Vous connaissez la formule).

Cette conception moins apprêtée, moins ornementale constitue le prolongement démarqué de la culture scolaire et universitaire. Il est question cette fois de la culture dialectique d'investigation, véritable force d'exploration, d'imprégnation, d'interaction, de distinction, d'appropriation, d'émancipation que chacun met en œuvre à sa guise selon les associations d'idées qui lui sont spécifiques.

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication en sont bien entendu les vecteurs interactifs de prédilection. Lire à ce propos La révolte du Pronetariat de Joël de Rosnay.

Une imprégnation qui permet de structurer sa pensée, de développer ses perceptions

Nous savons que toute création culturelle, artistique, scientifique, est composée, architecturée selon des codes, des symboles, un langage que nous percevons, dans lesquels nous nous reconnaissons, qui suscitent des émotions, des réactions. Elles constituent autant de grilles esthétiques dont les valeurs-racines nourrissent notre univers psychique et physiologique.

C'est ainsi qu'un texte, une poésie, des personnages de roman, un tableau, une sculpture, une image, une musique, une découverte, etc. laissent en nous leur empreinte, irriguent notre personnalité, au point de faire partie de nous-mêmes. C'est dire toute l'importance dans notre vie de cette imprégnation qui nous enrichit et nous métamorphose constamment.

Le sensoriel, le rationnel, le social, l'économique, l’esthétique s'interpénètrent ainsi pour créer en nous des interactions amplifiantes.  Ils forgent dans une complémentarité dynamique l'esprit d'ouverture et de discernement qui incitent à ressentir, qualifier, intégrer, différencier, graduer, comparer etc. les informations que nous recevons chaque jour. Nous y puisons nos propres critères d'appréciation, contre toutes les pressions de conformité qui induisent trop souvent des aberrations de décision, qualifiées de syndrome d'Abilene.

En finir avec la pensée baguette/béret basque

Ce large balayage du pourquoi, tend à promouvoir une culture de la responsabilité, de la libération de la créativité de chacun dans une société plus équitable, orientée vers la participation aux avancées collectives, au service du renouveau de la démocratie du XXIe siècle.

 Il appelle en prolongement le comment qui mérite un développement aussi attentif. Cela doit commencer par redéfinir les finalités des secteurs culturels et artistiques d'obédience publique ou privée, tournés vers le plus large public.

Ce regard neuf doit inciter à adapter le dispositif en place pour le rendre à même de répondre aux nouveaux enjeux nationaux et internationaux. La France est devenue un pays aux cultures transversales, qui ne doit pas oublier ses fondamentaux. La culture comme la langue française ne doivent plus camper sur des positions défensives, mais être dans le mouvement qui faisait dire à René Char qu’à chaque effondrement des preuves le poète répond par une salve d’avenir.

Dominique Génelot nous donne aussi des recommandations pour agir dans cette complexité tant redoutée, avec un esprit en éveil aux avancées de notre temps :

Remonter à la source de nos représentations - Examiner si les sources personnelles, culturelles, contextuelles sont en harmonie avec le projet.

Piloter par les finalités, qui permet d'éviter de tomber trop vite dans le piège du tout structurel. C'est l'énergie des femmes et des hommes qui constitue la dynamique du projet. Faire prévaloir la mission sur le service d'appartenance.

Penser et organiser un projet comme un système ouvert, un faisceau d'interactions en liaison avec son environnement.

Développer l'autonomie, ouvrir des espaces à l'invention (ce qui a donné par exemple naissance à la Twingo)

Savoir reconnaître et articuler des logiques différentes. La complexité est un foisonnement de différences, d'interdépendances, de coopérations et d'antagonismes. C'est ce qui en fait la richesse. Évaluer leur niveau, leur échelle, pour les situer.

Donner du sens, construire sur la culture. C'est à ce niveau qu'il faut placer l'angle de vue, la méta-vision qui permet de déterminer les choix stratégiques.

Placer l'homme au centre de tout projet, en mariant conscience individuelle et collective

Écarter les références périmées et négatives qui sont dans nos têtes, les petites phrases liberticides (c’est utopique, c'est trop cher, ce n'est pas réaliste, etc.).

Nos réformes dépendent avant tout de la culture qui prépare les esprits à cette contribution et non à je ne sais quel renoncement dû aux mises à l'écart de toute une frange de la population, par une certaine caste française. De ce point de vue, Alfred Sauvy a pu dire à un moment que la France était le 2e pays de castes après l'Inde. Nous devons faire mentir ce qui n'est pas tout à fait une boutade.

Cette culture motivante se construit au fil des étapes de la vie, de l'enfance à l'âge le plus avancé, offrant à chacun les possibilités d'accéder aux structures de socialisation au sein desquelles sont dispensées les valeurs, les normes, les codes, les symboles, les langages de notre culture. Ceci, afin de nous identifier de façon active et volontaire aux valeurs de notre situation géographique d'appartenance. La France et l'Europe au cas particulier.

Sans discontinuer, de la famille aux organismes d’enseignement, des lieux de travail et de sociabilité aux milieux associatifs, des relais d'imprégnation culturelle et artistique aux espaces de spectacles, des universités de Nantes aux Universités de Caen de Michel Onfray, chacun choisit les parcours multiples qui sont proposés. A condition bien sûr que les jeux ne soient pas faussés, que les dés ne soient pas pipés comme c'est trop souvent le cas.

 A travers cette suite discontinue de dédales culturels, artistiques, esthétiques le choix est vaste pour affiner nos connaissances, nos perceptions, nos émotions, nos goûts, au gré des rencontres, des échanges, des événements, des situations qui nous façonnent imperceptiblement. Ceci vaut comme considération générale, mais aussi pour toutes les situations plus spécifiques à travers lesquelles passent tous ces parcours, ces chemins de traverse, qui peuvent être empruntés par ceux qui y sont guidés.

 

  •  Orientons ce débat vers l’avenir
Quelle résonance contemporaine donner à ces notions ?
Quelles conséquences et finalités en tirer ?
En quoi sont-elles nécessaires pour faire évoluer notre société
Quels sont les nouveaux rebonds qui l’actualisent
Quelles mesures tangibles et visibles prendre pour changer notre société durablement,
 











Quelques définitions extraites de Wikipedia


Une nation est un groupe de personnes partageant une identité commune.
Le sens moderne de nation est assez proche de celui de peuple, mais s’y ajoute souvent l'idée de gouvernance, de démocratie, de laïcité, d’intériorisation et d’identification à nos valeurs.
Le mot nation vient du latin nascio ou natio qui signifie naître, et le terme latin nation désignait les petits d'une même portée et a signifié aussi groupe humain de la même origine4, chez Ciceron le terme natio est utilisé aussi pour désigner une peuplade, un peuple ou une partie d'un peuple5.
La sociologie et les études historiques ont montré que l'identité nationale d'une personne est une intériorisation de repères due à une présence quotidienne de « points communs » où le pratique et le symbolique se côtoient, et aident ainsi à se choisir un parcours de vie..

Note  sur la République Une et indivisible : La République française est composée de citoyens tous égaux, non d’individus tous différents. La République ne reconnaît pas tout ce qui tend à morceler (groupes ethniques, religieux,  culturels, d’intérêt) la collectivité civique qu’est la nation.  Cela implique une fraternité qui ne soit pas une fraternité de sang, d’ethnie, de terroir mais une fraternité construite. En conséquence, la loi est la même pour tous et sur tout le territoire.


  Contribution de Bernard Delloue <bernarddelloue@hotmail.com>

 

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